Nouvelles Formule 1
Ce tracé nous réussit très bien - Pat Symonds
20 Septembre 2005Le directeur exécutif de l'ingénierie chez Renault, Pat Symonds, s'attend à une course disputée au Brésil - et à une performance sans faille de l'écurie Renault.
Pat, à trois courses de la fin de la saison, l'équipe vise encore les deux titres mondiaux. Lequel vous ferait le plus plaisir ?
Personnellement, je suis toujours très fier de remporter le championnat des Constructeurs, car cela vient couronner le travail effectué par toute l'équipe sur l'ensemble de la saison. En termes de publicité et pour le prestige de l'entreprise, il vaut mieux remporter le titre des Pilotes, cela ne fait aucun doute. Tout le monde se souvient du pilote champion et pas forcément de l'écurie. Mais au sein du team, nous avons tous envie de nous battre pour le "Constructeurs" également.
La McLaren est actuellement un ton au-dessus. Quelle va être la réponse de Renault ?
Nous ne sommes pas obtus dans l'équipe, nous reconnaissons volontiers la supériorité des McLaren. Mais nous préparons une bonne évolution aérodynamique pour le Brésil, ce qui va nous permettre de combler une partie du déficit. Ce retard est lié à des décisions techniques stratégiques prises par le team. C'est simple : nous ne voulions pas d'une voiture rapide et fragile. Ce que nous recherchions c'était une monoplace qui termine toutes les courses. C'est comme cela que l'on gagne un championnat.
A votre avis, quel sera le facteur déterminant lors des trois dernières courses ?
Je pense que cela va encore se jouer sur la fiabilité, même à ce stade avancé de la saison. Il reste trois courses, ce qui nous laisse six départs d'ici à la fin de l'année. Si les deux écuries sont six fois à l'arrivée d'ici à la Chine, il est probable que McLaren passera devant. Mais si eux se ratent, il y a de fortes chances que nous nous imposions. Donc, avant tout, nous allons tenter de finir les courses. Ensuite, nous allons chercher à leur faire subir une pression énorme, de telle sorte qu'ils éprouvent les pires difficultés pour aller jusqu'au bout…
Cela doit être dur de se battre contre plus rapide que soi…
Bien évidemment, mais le sport est ainsi fait ! Chez un pilote, je crois que ce qui fait la différente entre un bon et un champion, c'est la faculté à se surpasser chaque fois qu'on se retrouve sur la piste, l'aptitude à repousser ses limites. C'est pareil pour l'équipe : de notre côté, nous allons essayer de fournir à chaque course notre meilleure performance de l'année. A Monza, nous n'avons pas gagné, mais j'en ai tiré une grande satisfaction parce que j'ai senti qu'en tant qu'équipe, nous avions réalisé quelque chose de très grand. D'ailleurs, après avoir connu quelques soucis lors des arrêts au stand pendant l'année, nous avons réussi deux arrêts très rapides à Spa. C'est extrêmement difficile de faire en sorte qu'un groupe fonctionne au maximum de ses possibilités, mais quand cela arrive, c'est très gratifiant.
Dites-nous quelques mots sur le Brésil…
Tout comme Indianapolis, le circuit d'Interlagos présente deux moitiés très distinctes : une section ultrarapide devant les stands et le long de la ligne droite opposée, où la vitesse de pointe et une traînée réduite font la différence, et une partie sinueuse, qui requiert des appuis et de l'adhérence. Nous allons devoir travailler dur pour trouver le bon compromis au niveau des ailerons. Il faut une bonne adhérence mécanique pour les virages lents. En effet, comme le circuit est bosselé, si on talonne trop, on perd de l'adhérence et le temps au tour augmente. En règle générale, ce tracé nous réussit très bien et nous pensons que ce devrait encore être le cas.
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