Formule 1
23 Novembre 2009

Nouvelles Formule 1

Dans le rétro : GP de Chine 2005

17 Octobre 2005

Nuit sans sommeil pour le Renault F1 Team, qui a célébré ses deux titres mondiaux à Shanghai à la suite d'un cavalier seul de Fernando Alonso dimanche. Migraines et sourires lundi matin… Voici ce que vous avez peut-être manqué des célébrations d'hier.


« Le titre constructeurs n'est pas si important »
Cette phrase a pu sembler étrange lors des préparations du Grand Prix de Chine lorsque Flavio et Fernando relativisaient l'importance de l'enjeu. Le titre des pilotes avait été l'aboutissement de la saison, et le titre des constructeurs aurait été la cerise sur le gâteau de la saison 2005. Dimanche soir, cependant, les sourires se portaient large et les accolades étaient sincères lorsqu'ils ont félicité tous les membres de l'équipe. Qu'est-ce qui a entraîné ce changement ?

« Depuis le début de la saison, nous avons dit que le titre des pilotes était notre priorité. C'est celui-ci qui passionne les foules. », explique Flavio Briatore, « Nous avons bien géré notre saison et nous avons remporté cette couronne. Puis les gens ont commencé à parler du titre constructeurs comme s'il s'agissait de la chose la plus importante en F1. C'était comme si nous allions rater notre saison si nous ne le remportions pas. Alors venir en Chine et pouvoir achever le travail, c'est fantastique. Dimanche, nous avons montré pourquoi cette équipe est championne du monde. » Et Fernando ? L'Espagnol a été surpris par l'émotion du moment. « Pour un pilote, remporter le championnat est la meilleure récompense. Mais regarder l'équipe depuis le podium et réaliser sa joie m'a procuré la même sensation qu'au Brésil. »

Ce qui aurait pu se passer
Il semble un peu incongru de se demander ce qui aurait pu se passer sur la piste dimanche après la victoire de Fernando. Cependant, l'équipe n'a peut-être pas fait étalage de tout son potentiel. La course a en effet été divisée en trois par l'intervention de deux voitures de sécurité dans les tours 19 et 30. Cela a joué contre Renault. Fernando menait avec 20 secondes d'avance et cet avantage a été réduit à néant. Si les voitures n'avaient pas été rassemblées, pénalisant Fernando de 25 secondes et permettant à Kimi Raikkonen de passer Giancarlo lorsque les deux Renault attendaient l'une derrière l'autre dans la voie des stands, que se serait-il passé ?

« Les statistiques diront que nous avons terminé cette course 1er et 4ème. », explique Pat Symonds, « Mais sans l'intervention des voitures de sécurité, les première et troisième places étaient garanties. Il y avait aussi la possibilité de réaliser le doublé. En fait, j'aurais aimé que la course soit plus claire, parce que cela aurait pu donner une idée de la performance que nos équipes à Enstone et à Viry ont réussi à trouver pour les dernières courses. De plus, je tiens à souligner la performance de Giancarlo hier. Il a disputé une course fantastique, sans penser à ses intérêts personnels, et a compris les objectifs de l'équipe. Il a contrôlé son rythme en début de course afin de disposer d'une voiture compétitive en fin de parcours, tout en contenant les McLaren. Il a été beaucoup critiqué après Suzuka, mais nous gagnons et perdons comme une équipe. C'est pour cela que nous sommes très satisfaits de l'avoir vu rebondir avec une telle performance. »

La symphonie du Renault F1 Team
Le monde entier a entendu Fernando chanter après l'arrivée : « We are the champions… ». Un peu plus tard, c'est une autre sorte de musique que l'équipe a jouée de retour au garage, reprenant un ancien rituel. Alors que les lumières du stand étaient éteintes, l'équipe s'est rassemblée autour de la voiture de Fernando. Le moteur a alors été démarré et, pour la dernière fois, un V10 champion du monde a hurlé dans le garage. Christophe Niot, mécanicien, a joué avec le joystick de contrôle et a fait monter le régime jusqu'à 18,500 tr/min. Les hommes de Renault n'ont pas été les seuls à bénéficier du spectacle : les mécaniciens de Williams, Red Bull, McLaren et BAR en ont eux aussi profité.

Denis Chevrier, Chef d'exploitation moteur, raconte : « Nous voulions respecter notre petite tradition dimanche soir, et écouter le moteur une dernière fois. Une voiture arrêtée ne peut pas vraiment traduire ce qui se passe lorsqu'elle est lancée à pleine vitesse, mais cela montre aux gens que le moteur n'est pas le fruit d'une technologie « froide ». Il vit, il respire, il naît de la passion de tous. Voir nos amis et rivaux nous rejoindre pour ce moment était parfait. C'était partager la même passion : certaines équipes ont eu de bonnes saisons, d'autres pas, mais nous sommes tous là pour la même chose, et nous adorons la course. Un long hiver nous attend, mais il faut savoir profiter du moment. C'est ce que nous avons fait, rendant hommage au moteur. »

Ainsi se termine le chapitre V10. Renault a introduit cette architecture en F1 en 1989, et l'a fait s'imposer au championnat de 1992 à 1997… avant de revenir quelques années plus tard. Au final : 85 victoires, 7 titres constructeurs et 6 titres pilotes, tous motorisés par les hommes de Viry-Châtillon.


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