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Le Directeur Technique Moteur du Renault F1 Team complète les propos tenus pas Bob Bell et explique comment il a traqué la fiabilité cette année.
Rob, vous avez dû relever un sacré défi celle année, puisqu'un moteur devait durer deux week-ends de course, soit environ 1400km. Comment avez-vous appréhendé le problème ?
Les changements de règlement ont été officialisés trop tard pour qu'ils affectent notre philosophie générale. Les premiers moteurs 2005, en effet, passaient au banc lorsque le texte définitif a été publié. Cependant, afin de nous conformer à la nouvelle règle, nous avons dû revoir chaque composant du moteur, procéder à des analyses de risques détaillées… On ne s'est pas ennuyé.
Quels secteurs ont été revus ?
Les éléments qu'il a fallu modifier touchent essentiellement les pièces « consommables » du moteur : soupapes, pistons, bielles. Ces pièces devaient durer quatre fois longtemps qu'il y a quatre ans ! Pour être certains qu'elles passent cette épreuve, nous avons dû respecter des exigences très strictes de qualité. Des centaines de procédures, sur des milliers de pièces, font partie de notre processus de validation. Nous sommes toujours à la recherche de la fiabilité parfaite.
Y-a-t-il une recette miracle dans ce domaine ?
Non. La fiabilité est avant tout une question de discipline. Nous avons tenté de venir à bout de toutes les incertitudes lors du design, d'être rigoureux lors des procédures de validation et de test. Chaque gain en performance s'accompagne d'une étude très précise des conséquences sur la fiabilité du moteur. Notre philosophie, de plus, n'a jamais été de réaliser un chef d'œuvre d'ingénierie dans l'absolu, mais de concevoir la voiture la plus rapide et la plus fiable possible. C'est différent.
La recherche de la fiabilité est certainement une frustration permanente…
Le zéro défaut est pourtant le seul but à se fixer pour jouer le titre mondial de F1. Beaucoup d'efforts sont déployés pour garantir la fiabilité sur nos deux voitures, pour identifier et résoudre le moindre problème rencontré. Malgré cela, les exigences de développement pour améliorer la performance et les contraintes ressources/temps font que nous ne sommes jamais certains de parvenir à la fiabilité absolue. En réalité, il faut parfois prendre des décisions difficiles à l'usine et sur la piste afin de corriger l'équilibre en faveur de l'un ou l'autre de ces deux paramètres. La force de notre équipe est sa capacité à identifier le bon compromis.