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Pat Symonds ne lâchera rien pour la fin de saison...

Pat Symonds ne lâchera rien pour la fin de saison...

24 Juillet 2006

Pat Symonds explique que le Renault F1 Team gardera une approche agressive de ses développement pour le reste de la saison.

Pat, si nous comparons 2005 et 2006, Renault était dans une position comparable à ce stade de la saison, en tête des deux championnats. Quelles sont les différences par rapport à l'année dernière ?
La stratégie que nous avons adoptée cette année est complètement différente. L'année dernière, nos rivaux avaient un avantage en vitesse, mais leur talon d'Achille était leur fiabilité. Nous avions les mêmes pneumatiques, ce qui signifie qu'il était difficile de nous battre contre eux. Nous avons donc décidé de jouer la carte du conservatisme et de bénéficier de leurs problèmes. Cette année, Ferrari dispose de pneumatiques différents et leur performance n'est pas synchronisée avec la nôtre. De plus, cette équipe peut tabler sur une excellente fiabilité. Renault, de son côté, a amélioré ses performances dans tous les domaines, a marqué davantage de points et a fini plus de courses que l'année dernière. Mais cela n'est pas suffisant. Nous devons donc déployer un plan de développement agressif et aborder les courses de la même manière… ce qui est beaucoup plus amusant ! En comparaison, la saison 2005 paraît presque ennuyeuse…

Les pneumatiques semblent être la clé des performances cette saison. Pourquoi ce domaine a-t-il pris une importance aussi grande ?
Les pneumatiques ont été un paramètre très important dans la performance et ils le seront toujours. Mais en 2006, nous avons deux équipes, Renault et Ferrari, qui disposent de voitures dont les performances sont très proches. Et chacune de ces voitures est chaussée par un manufacturier différent. Or, les pneumatiques influent sur la performance plus que n'importe quel autre facteur. Par exemple, en France, 5% d'appui en plus apportaient un avantage de 0.3 sec par tour. En revanche, 5% d'amélioration du rendement des pneumatiques procuraient un avantage supérieur à une seconde. Lorsque les monoplaces à la lutte sont équivalentes, c'est forcément du côté des pneumatiques que peut se jouer le championnat.

Vous dîtes souvent que cette saison se déploie course après course, qu'elle ne tient pas compte des hauts et des bas habituels. Pourquoi ?
Parce que l'équilibre entre les performances de Renault et Ferrari est très précaire. L'avantage peut aller à l'un ou à l'autre à cause de petits détails. En France, nous avons abordé le week-end de manière agressive et avant la course, nous espérions que les pneumatiques choisis pas Ferrari ne tiennent pas la distance. Les Rouges eux-mêmes étaient inquiets à ce sujet. Mais les gommes ont tenu bon, et nous avons dès lors tenté de tirer le maximum du week-end, une deuxième position. Cela peut passer pour une forme de limitation des dégâts, mais cette situation montre à quel point les performances sont proches et à quelle vitesse l'équilibre peut basculer. Il faut minutieusement préparer chaque course, ne rien laisser au hasard, puis réagir en fonction de ce qui se passe pendant le week-end. Il n'y a aucune certitude en 2006 et c'est pourquoi nous nous rendons à Hockenheim avec la volonté de gagner.

Selon vous, donc, le fait que Ferrari ait remporté les deux dernières courses -la dernière sous forte chaleur- ne marque pas une tendance qui se poursuivra tout l'été ?
Je ne pense pas qu'un seul élément puisse confirmer ou balayer cette analyse. Voilà le problème. Magny-Cours est un circuit très particulier, et ce qui y fonctionne n'est pas forcément efficace ailleurs. Cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas être compétitif en France et ailleurs. Il n'y a aucune preuve. Les gens ont parfois la mémoire courte : après tout, Michelin a dominé le GP du Canada, qui s'est déroulé par une température de 48°C sur la piste…

Le développement du partenariat Renault-Michelin se poursuit-il toujours aussi rapidement ?
Absolument. Lorsque nous avons engagé notre campagne 2006, il était clair que Michelin avait une seule chose à l'esprit : conserver son titre mondial. Les ingénieurs de Clermont-Ferrand donnent le meilleur d'eux-mêmes dans tous les domaines et le fait qu'ils quittent la F1 à la fin de l'année les a motivés encore davantage.

Ce week-end, Renault va faire appel à une évolution significative qui devrait procurer un surcroît de performance. Est-ce que cela paiera juste sur une course, ou tout au long de l'été, lorsqu'il sera interdit d'effectuer des essais privés ?
Je pense que nous devons prendre les courses les unes après les autres, qu'il y ait une interdiction de tester ou pas. Il n'y a rien qui puisse étayer la thèse selon laquelle vous serez rapide à la fin du mois d'août parce que vous l'étiez au début. Les trois circuits à venir et les pneumatiques nécessaires seront très différents. Nous pouvons, de plus, toujours apporter des évolutions aérodynamiques sans les avoir testées auparavant, faire des progrès moteur, et faire tourner les voitures sur des bancs d'essais dynamiques. L'histoire montre que les performances relatives ne restent pas toujours stables en août : notre évolution pour Hockenheim est importante, mais elle ne signifie pas que nous resterons les bras croisés pour Budapest et Istanbul.

Que pouvez-vous dire de vos trois pilotes ?
Fernando a fait un travail fantastique. Il quittera l'équipe à la fin de la saison, mais notre relation est inchangée. Il a fait davantage d'essais pour nous, il travaille dur, et je pense qu'il attache une grande importance à la possibilité de remporter deux titres d'affilée. Giancarlo joue un rôle clé dans l'attribution du titre des équipes. Cette compétition ira jusqu'au bout de la saison, et Fisi doit répondre présent, voler des points à nos adversaires. Sa contribution sera fondamentale ces prochains mois. Bien sûr, Heikki a lui aussi joué un rôle important. Il a fait un super travail en essais. En tant qu'ingénieurs, nous savons qu'il emmène la voiture à la limite, que la qualité de son feedback est bonne, et que les titulaires sont d'accord avec les indications qu'il donne. Rien à dire !

A quel point est-ce important pour l'équipe Renault de remporter un deuxième titre consécutif ?
J'ai toujours dit que remporter un deuxième titre est une réelle marque de classe pour toute organisation sportive. Toute victoire au championnat est relative et certaines sont plus faciles que d'autres. Mais en remporter deux de suite signifie que vous avez su vous montrer le meilleur dans des situations très différentes et que vous vous êtes adaptés. Cela montre l'intégrité d'une équipe. Pour moi, s'emparer du titre cette année aurait une signification vraiment très particulière.

Vous semblez convaincu du fait que Renault sortira une nouvelle fois vainqueur. Pourquoi ?
C'est l'épaisseur de cette équipe qui me rend confiant. L'attention portée à chaque détail, la capacité à anticiper, à penser latéralement, à s'adapter… Il y a tellement de caractères différents, qui contribuent tellement à notre effort sur la piste, à la soufflerie, au banc, à la fabrication, à la logistique, au design et dans tant d'autres domaines… De plus, chacun de ces secteurs est d'une compétence rare. C'est ce qui nous permettra de gagner à la fin. Pas seulement cette année, mais aussi dans les saisons à venir.

Enfin, prenant les choses course après course, d'où viendra le danger à Hockenheim ?
Je m'attends à une bataille rangée entre Renault, Ferrari, McLaren et Toyota. Nous avons vu en France que Toyota avait réalisé de gros progrès et nous savons que les McLaren seront dans le rythme. C'est certain, le week-end sera difficile. Mais nous sommes confiants, déterminés… et agressifs. C'est le type de défi que tout le monde, chez Renault, apprécie.


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